Les élus se forment et s'informent
Un élu local doit être ouvert aux réalités économiques et sociales de notre temps.
Cela suppose de prendre le temps de se sortir du carcan des réunions et des discussions interminables entre élus pour apprendre en écoutant des auteurs, des experts, des citoyens.
je tenais à vous rendre compte d'une partie de mon activité d'élu , d'une partie de mes sources de réflexion; Je suis très attentive à ce qui se passe dans le monde des idées.
Je n'ai pas siégé au dernier Conseil Municipal car j'ai assisté à une conférence organisée sur notre commune par l'association Initiatives Citoyennes en présence de Gérard Filoche.
Gérard Filoche est Inspecteur du travail;il maitrise parfaitement la question du droit du travail.
Je l'ai écouté attentivement; ce personnage plein d'empathie mérite le détour.
Son courage, ses valeurs, son opiniâtreté me laissent admirative.
Voilà un Grand Monsieur, à la portée de tous, tout simplement humain qui a accepté de venir chez nous à Guichen nous expliquer pourquoi tant de salariés souffrent et sont résignés.
Face à une idéologie néo-libérale dominante qui nous transforment en consommateur individualiste et en travailleur esseulé , il reste des hommes comme Monsieur Filoche qui nous disent que la Solidarité est possible, que résister au lieu de se résigner est encore la meilleure des réponses.
Voici en quelques lignes le résumé de cette intervention.
Gérard FILOCHE à Guichen
L’association Initiatives Citoyennes recevait mardi 24 novembre à Guichen M. Gérard Filoche, Inspecteur du travail, dans le cadre d’une conférence-débat sur le thème du droit du travail et du droit à la retraite.
M. Filoche a captivé l’auditoire de 70 personnes en évoquant l’histoire de la construction du droit du travail jusqu’à sa déréglementation ces dernières années.
Exemples à l’appui, il a expliqué comment cette marche vers la flexibilité imposée s’était fait sans le débat public nécessaire. Depuis l’ordonnance du 07/03/07 (Journal Officiel du 12/03/2007), l’esprit du droit du travail a changé.
Auparavant, le droit du travail était tourné essentiellement vers la protection du travailleur.
A titre d’exemple, il a cité la question de la durée du travail : depuis un siècle, les dispositions sur la durée du travail avaient été instaurées pour garantir la santé et la sécurité des salariés;
Pour cette raison, ces dispositions figuraient dans le code dans le Titre consacré aux conditions de travail. Les rédacteurs du Nouveau code ont fait glisser les dispositions sur la durée du travail vers le Titre qui traite de la rémunération, modifiant ainsi le contexte idéologique, et rappelant étrangement le slogan « travailler plus pour gagner plus ».
Pourtant, en, tant qu’Inspecteur du travail, il constate que le travail peut nuire gravement à la santé.
Des rythmes effrénés sont à l’origine de risques cardio-vasculaires, de stress voire de suicides.
Il a expliqué comment le droit du travail permettait l’individualisation des salariés dans des catégories hétérogènes, le but étant d’isoler les salariés les uns par rapport aux autres pour réduire le domaine de la défense des intérêts collectifs des travailleurs.
A ce titre, il a évoqué la question de la négociation des accords d’entreprise qui peuvent déroger de façon moins favorable aux dispositions des accords de branche (notamment en matière d’aménagement du temps de travail et de contingent d’heures supplémentaires).
Convaincu et convainquant, M. Filoche a défendu la retraite à 60 ans et le système français par répartition. Rappelant sans ambages que le Fond National de Solidarité pour les Retraites avait subi de lourdes pertes lors de la crise financière, il a asséné des évidences selon lesquelles le seul dispositif sûr est celui où des actifs cotisent pour des retraités.
En véritable pédagogue, il a vulgarisé des questions très techniques en démontrant que les arguments des défenseurs de l’allongement de la durée de cotisation se basaient sur de mauvais chiffres. Il a vivement défendu la notion de cotisations sociales en s’insurgeant contre le raccourci idéologique du terme « charges sociales ».
Pour lui, « les cotisations ne sont pas une charge mais un bonheur ».
Elles font partie intégrante du salaire en offrant une protection sociale au salarié, protection qui permet au salarié français toujours plus de productivité au service de l’entreprise.
Les cotisations sociales sont donc un salaire, mais un salaire différé, le moment venu !
Il a insufflé un vent d’espoir en rappelant que 93% de la population active en France est composée de salariés alors qu’elle ne l’était que de 50% en 1945.
Résolument optimiste, il a affirmé que ces 93 % sont une force.
Gérard. Filoche a conclu son intervention par cette phrase :
« Notre société est un corps malade et comme tout corps malade, elle finira par sécréter des anticorps ; cela prendra un peu de temps mais cela arrivera… »
Le Public l’a vivement remercié de sa démonstration par des applaudissements chaleureux et enthousiastes.
L’association initiatives Citoyennes organisera une prochaine conférence le mardi 23 mars 2010 sur le thème, « le climat, otage de la finance » avec Aurélien Bernier.
Contact : Patrick Stutzinger au 02.99.42.27.73
jeudi 26 novembre 2009
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